Recherche Hors Murs

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La recherche ouverte est la recherche ouverte à chacun pour une science ouverte à tous : elle inclue les niveaux universitaires, institutionnels, industriels, et aussi citoyens participatifs et hors murs.


La recherche "hors-murs" (ou science citoyenne autonome) désigne la production de connaissances scientifiques menée en dehors des institutions académiques traditionnelles (universités, organismes publics, laboratoires industriels). Elle est directement portée par des citoyens, des collectifs, des associations ou des communautés virtuelles.

Contrairement aux programmes académiques descendants où le citoyen ne fait que collecter des données (comme compter les oiseaux pour un laboratoire), la recherche hors-murs redéfinit la place du chercheur en ouvrant la gouvernance, les méthodes et les infrastructures à tout le monde.

Source de conjecture de docte ignorance

L'on peut envisager l'approche « hors murs » comme une source de conjectures de docte ignorance permet de poser un cadre épistémologique puissant : la recherche hors-murs n'est plus seulement une externalisation de la collecte de données, elle devient le lieu privilégié d'une recherche exploratoire consciente de ses propres limites, capable de formuler des vérités approximatives mais rigoureuses là où les institutions se taisent.

La « docte ignorance » (concept hérité de Nicolas de Cues) postule que la raison humaine ne peut atteindre la vérité absolue, mais que la véritable connaissance consiste à mesurer précisément l'étendue de ce que l'on ignore. Le rapport du G7 souligne que les acteurs du « hors-murs » possèdent une formation scientifique avancée (Ph.D., masters). Ce bagage technique associé à leur positionnement extérieur crée une dynamique unique pour générer ces conjectures.

Voici comment se structure l'approche hors murs comme matrice de ces conjectures spécifiques :

1. La rupture avec l'illusion de complétude institutionnelle

À l'intérieur des « murs » (universités, laboratoires gouvernementaux), la recherche est fortement balisée par les paradigmes dominants, les impératifs de financement et les méthodologies standardisées. Ce cadre tend à masquer ses propres angles morts.

L'apport du hors-murs : En s'affranchissant des contraintes académiques, le chercheur hors-murs se confronte directement à la complexité brute du réel (systèmes ouverts, données massives du web, "biologie de garage"). Il prend la mesure des failles des modèles officiels. Sa conjecture naît de cette lucidité : il sait ce que la science institutionnelle ne sait pas encore tout cadrer.

2. La conjecture comme « approximation rigoureuse »

Dans la docte ignorance, la conjecture n'est pas une simple supposition ou une croyance aveugle. C'est une tentative hautement informée d'approcher une vérité complexe que l'on sait provisoirement inaccessible par les voies déductives classiques.

  • Le profil des chercheurs : Parce qu'ils maîtrisent les outils technologiques novateurs et les méthodes d'analyse modernes, ces scientifiques hors-murs produisent des conjectures étayées. Ce sont des sauts intuitifs calculés, souvent validés par des communautés virtuelles de pairs ou des défis compétitifs (comme les compétitions de science des données ou le mouvement DIY).

3. Les caractéristiques de ces conjectures hors murs

  • L'ouverture à l'indéterminé : Contrairement à l'hypothèse de laboratoire qui cherche à isoler et contrôler des variables, la conjecture de docte ignorance hors murs accepte le bruit, l'incomplétude et le chaos inhérents aux environnements non contrôlés.
  • Une valeur heuristique supérieure : Le rapport du G7 note que cette recherche permet de « faire progresser les connaissances et l'innovation d'une manière qui était auparavant inaccessible aux organismes de recherche universitaires ». En acceptant de formuler des conjectures là où le système académique exige des certitudes lentes à obtenir, le hors-murs accélère la découverte d'alternatives théoriques.
  • L'autonomie critique : Ces conjectures s'auto-évaluent souvent au sein de structures dynamiques et horizontales, générant une culture de la communication scientifique parallèle qui redéfinit les frontières du valide et de l'invalide.

En synthèse

Définir le hors-murs par le prisme de la docte ignorance permet de réhabiliter la conjecture non comme une sous-hypothèse dégradée par manque de rigueur de laboratoire, mais comme une posture épistémologique supérieure face à la complexité moderne : celle d'un chercheur équipé pour la rigueur, mais libre de cartographier l'inconnu.